THE ASHES OF STUPIDITY

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THE ASHES OF STUPIDITY

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Il y a une quarantaine d’années, sur les bords des routes de Provence, les autorités avaient placé des panneaux de prévention contre les incendies. Beaucoup trop d’automobilistes, en effet, jetaient leurs mégots et leurs allumettes par la fenêtre de leur voiture. D’autres faisaient des feux de camp et certains, même, prenaient plaisir à allumer des incendies. Sans doute certains étaient inconscients et d’autres criminels, mais le résultat était le même : le pays était dévasté par le feu tous les étés, la roche était ensuite lessivée par les pluies et pour de nombreuses années, le paysage n’était plus fait que de pierre blanche et de bois noir.

Comment quelqu’un peut-il être assez stupide pour ne pas comprendre qu’un buisson sec sous la chaleur du soleil s’enflammera à la première étincelle ? Comme peut-on trouver son plaisir en brûlant des forêts ? Je l’ignore. Mais le fait est que ces campagne de sensibilisation ne furent pas inutiles. le nombre d’incendies diminua pendant quelques années. Et aussi, les pompiers firent un travail remarquable, de plus en plus efficace.

Mais avec l’été 2017 il faut croire que la bêtise est revenue.

Les incendies ont été nombreux et très étendus, et pas seulement en Provence. Je me suis rendu près de la mer, là où je passais mes vacances certaines années, quand j’étais enfant. Nos sandales, alors, faisaient craquer la terre sèche, l’air chaud sentait la résine de pin et le thym, nous apportant l’assurance d’être à notre place, enraciné dans notre pays, même si le bruit des cigales n’était pas un chant mais plutôt une épreuve existentielle.


Making of


Les cendres de la bêtise (The Ashes of Stupidity) est née d’un besoin impérieux de produire des images accusatrices, qui resteraient après l’actualité d’un été. Je suis sans haine et sans violence, mais les incendiaires me révoltent et me dégoutent autant que les violeurs, les managers ambitieux et les poseurs de bombes. Ce corpus devait donc ressembler à un témoignage aussi neutre que possible, c’est à dire conforme aux croyances du réalisme photographique.

Pour cela, j’ai opté pour un 50mm, l’optique dont l’angle de champ est le plus proche de celui de la vision humaine. J’ai aussi joué sur les profondeurs de champ, comme un œil qui tantôt se focaliserait sur un détail, tantôt s’ouvrirait au paysage. Les fichiers bruts ont été développés avec le logiciel Capture One Pro afin d’harmoniser les couleurs d’une image à l’autre autour d’une sorte de gradient entre le brun de la terre, le gris des cendres et le noir des charbons de bois.

Ces images pourraient être exposées pour « éveiller les consciences ». Elles pourraient aussi être diffusées sous forme de livre ou de boite… A suivre.